Psychomotricité et Skoog ? Expérimentation en rééducation psychomotrique

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Un peu de Psychomotricité sur edmustech ! Lise, psychomotricienne dans la région de Montpellier et créatrice du site (en construction) boite-a-psychomot.fr a essayé le Skoog et nous fait part de son expérience.

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Skoog et Psychomotricité

 

Une petite vidéo de notre entretien :

Psychomotricité

Et la version raccourcie en texte :

→ Avantages de l’outil

– Aspect assez attractif

– Texture molle assez surprenante

– Simplicité de fontionnement

– Palette de sons disponibles intéressante

 

→ Inconvénients :

– Texture molle sur toute la surface qui perturbe la tenue de l’outil lors du jeu.

– La réponse musicale à une stimulation de toute la surface et non du cercle seul : rend plus difficile la coordination bimanuelle maintien/appui. Le sons du demi cercle est parasité par celui de la zone de mantien lors de l’appui.

Le maintien doit donc se faire au niveau de la base du skoog sur une surface rigide assez réduite et non évidente à maintenir pour les enfants.

– Selon le positionnement, certains demi-cercles peuvent émettrent un ou plusieurs son(s) sans pour autant être actionné par l’utilisateur.

L’expérimentation

Conditions d’utilisation

Le skoog a été un support de travail avec des enfants présentant un trouble l’attention et de mémorisation à courts termes. S’y est ajouté un travail tonique, rythmique (temporel) et spatial.

Une première exploration offre à l’enfant une liberté de découverte sensorielle. Surpris par la texture molle, attiré par les couleurs, il aime écouter les différents sons possibles.

Attention et Mémorisation

L’enfant doit mémoriser une séquence de notes jouées et la reproduire ensuite. La mise en jeu de différents canaux sensoriels facilite le travail. En effet, le skoog stimule le canal visuel, auditif, tactile et kinesthésique. Plus il y a de canaux impliqués dans une tâche, plus celle-ci peut être mémorisée. On peut y ajouter la parole en nommant les couleurs touchées ou compter le nombre d’appuis, les chantonner pour faciliter cette même mémorisation.

Tonicité

Le skoog met en jeu des mouvements manuels et digitaux. Sensible à la force d’appui, les sons peuvent varier en réponse aux stimuli tactiles plus ou moins importants. L’enfoncement du doigt dans la texture molle doit donc être contrôlé pour reproduire un son furtif ou plus marqué. On retrouve chez de nombreux enfants des hypertonies fines comme ce fut les cas des patients choisis pour travailler avec le skoog. Ces hypertonies sont souvent à l’origine de difficultés au niveau de la fluidité des gestes fins, une dextérité manuelle et un déliement digital limités et parfois même de des troubles de l’écriture. Un travail tonique permet un meilleur contrôle fin déliant certains mouvements, les rendant moins pénibles et moins coûteux en énergie.

Les variations sonores en fonction de l’appui sur le skoog sont donc très pertinentes.

Temporalité

L’enchaînement des notes mettant un jeu un rythme est aussi une notion exploitable en psychomotricité. Une note est furtive ou de longue durée. La note suivante est plus ou moins proche de la première dans le temps.

La séquence débute et se termine, elle se déroule dans le temps. Elle présente aussi un ordre précis avec parfois des retours en arrières, des reproductions de séquences déjà effectuées, puis enrichies. Un nombre de notes précis est à reproduire.

Des subtilités que l’on peut aborder avec l’enfant en fonction de son niveau. Il peut immédiatement passer de l’explication à l’expérimentation.

Spatialité

Le skoog étant de forme cubique, les demi-cercles positionnés sur chaque faces offrent différents espaces à exploiter. La mémorisation d’une séquence mettra donc aussi en jeu une mémorisation de praxies visuo-spatiales.

Lors de la découverte, il sera intéressant d’observer les espaces exploités, si certains sont occultés, d’autres sur-sollicités.

Des notions théoriques sur l’espace peuvent donc être abordées puis immédiatement exploitées, associées à des sons, favorisant ici encore la mémorisation car utilisant différents canaux sensoriels.

Latéralité

On peut observer l’utilisation préférentielle d’une main plutôt pour actionner les boutons et ainsi identifier la main dominante de l’enfant. Les notions de latéralité peuvent aussi être abordées et utilisées avec le skoog.

Le skoog est un support pertinent pour la rééducation psychomotrice du fait des nombreux domaines de travail pouvant être abordés dans son utilisation, ma liste étant probablement à compléter. C’est un outil attractif que les enfants aiment utiliser ce qui facilite leur investissement et leurs performances dans le travail.

Lise JOFFRES
Psychomotricienne D.E.

 

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